Crémation ou inhumation ?

Crémation ou inhumation ?

Comment choisir entre crémation (autrement dit, incinération), ou l’inhumation (autrement dit, la simple mise en terre, dans un cercueil) ? La réponse d’Hervé-Marie Catta(*).

Souvenez-vous de 2001, lorsqu’un terrible tremblement de terre avait secoué l’Inde, faisant des milliers de morts : la préoccupation principale des survivants, dans les jours qui suivirent, fut de pouvoir enterrer les morts selon les rites traditionnels.

Le souci d’honorer le corps des défunts, très présent dans toutes les civilisations depuis les origines de l’humanité, s’est traduit par différentes pratiques. Jusqu’à ces dernières années, l’inhumation était la pratique dominante dans les pays occidentaux. La demande de crémation devient de plus en plus fréquente. Pour un catholique, est-ce indifférent ?

Le corps, temple de l’Esprit

Quand on visite les catacombes de Rome, on est frappé par le soin avec lequel les premiers chrétiens ont enseveli leurs défunts, en attendant la Résurrection. La forme que prend la sépulture est une des façons d’honorer les défunts. Le corps privé de vie n’est pas mis au rang de simple objet. Il est le corps de telle personne. Un corps qui a manifesté l’amour, la tendresse, l’amitié. Un corps marqué par le labeur, la maladie, le handicap, par toute l’histoire de la personne. Un corps dont les blessures sont appelées à la transfiguration dans la Résurrection (lire aussi : résurrection ou réincarnation ?). Le corps du défunt baptisé n’est-il pas devenu Temple de l’Esprit ?

La préférence de l’Église catholique

Les premiers crématoires sont apparus en France à la fin du XIXe siècle, dans une volonté de rompre avec les funérailles chrétiennes. Les tenants de ce courant pensaient que le fait de brûler les corps prouvait bien l’inutilité de la croyance en la résurrection. On comprend alors les réticences de l’Église. Depuis 1963, l’Église Catholique autorise l’incinération, pourvu que le défunt n’ait pas fait ce choix pour des motifs contraires à la foi chrétienne. Le rite funéraire chrétien reste inchangé : la cérémonie religieuse – centrée sur la résurrection des corps – a lieu à l’église, toujours en présence du corps du défunt. Ce rituel, en effet, n’aurait plus de sens en présence des cendres du défunt. Lorsque le corps est incinéré, un temps de prière est proposé au crématorium. Et l’Église demande que l’urne soit déposée dans un lieu d’accueil définitif. L’incinération est beaucoup pratiquée, mais pas exclusivement, par les Chrétiens dans des pays comme le Japon, en raison des traditions locales.

Si elle accepte l’incinération, l’Église catholique garde cependant une préférence pour l’inhumation, en raison de ses résonances bibliques et de sa symbolique particulièrement riche pour l’homme. L’inhumation fait mémoire de la sépulture de Jésus et de sa sortie du tombeau. Il ne s’agit pas d’imiter le Christ par dévotion, mais d’entrer dans la symbolique de la mise en terre et du passage à une vie nouvelle. Façonné par Dieu à partir de la glaise, l’homme retourne à la terre. Comme le grain de blé semé en terre et appelé à la germination, il est déposé en terre, en attente de la résurrection.

(*) Hervé-Marie Catta est avocat de formation. Pionner du témoignage de l’espérance chrétienne par Internet, son dernier livre est intitulé Des menhirs à Internet.

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