La Toussaint, c’est quoi ?

La Toussaint, c’est quoi ?

Qu’est-ce que la Toussaint ? Comment comprendre cette fête presque « nationale », puisque fêtée par 70% des Français ? Qu’est-ce que la sainteté, au juste ? La réponse de Lavieapreslamort.com.

Qu’est-ce que la Toussaint ?

La Toussaint, c’est la fête de tous les saints. Le 1er novembre, les catholiques honorent la foule innombrable de ceux et celles qui ont été des témoins authentiques de Jésus-Christ. Tous, bien sûr, ne sont pas connus ou officiellement reconnus par une canonisation de l’Eglise. Mais ceux qui le sont sont pour nous des modèles de sainteté, de radicalité évangélique, au service des pauvres, des malades, des déshérités de toute sorte, de tous ceux qui souffrent en ce monde, de ceux qui ne connaissent pas Dieu et n’ont pas encore fait l’expérience d’une rencontre personnelle avec Jésus du bonheur de vivre avec Lui chaque jour.

Les premiers de ces saints sont les apôtres de Jésus, sur les chemins pierreux de l’Empire romain, des martyrs sur le pont des bateaux sans gouvernail, dans le sable des arènes et jusqu’au croix, aux grilles de feu, décapités, écartelés, mais permettant, par leur ultime sacrifice, de semer de nouveaux chrétiens sur leurs routes et que l’Evangile ainsi nous soit portée depuis la source des siècle. Des chrétiens de tous les jours, « l’un était pris, l’autre laissé », l’un baissait la tête, l’autre témoignait. Aujourd’hui, il y a toujours des martyrs, au Moyen-Orient particulièrement, mais sur d’autres continents aussi, comme Cyprien et Daphrose Rugamba, témoins de la paix et de la charité du Christ à travers le génocide du Rwanda. Ou encore, les moines de Tiberine, martyrisés en Algérie (lire ce témoignage sur La vie après la mort : « Quand un à Dieu s’envisage« )…

Au cours des siècles, il y a eu d’autres saints : les ermites, les missionnaires envoyés au bout du monde comme Saint François-Xavier en Inde, mais aussi les fondateurs d’œuvres de charité, des saint qui n’étaient pas forcément des prêtres ou des religieux.

« Vous les avez connus, vous les avez vus. Ils ont vécu parmi nous », déclarait l’évêque de Saint Malo à ses fidèles, dans une lettre à propos du Comte de la Garaye, et de son épouse la Comtesse de la Garaye, qui pendant 40 ans ont tenu un hôpital dans leur manoir : lui s’occupait de toutes les opérations de chirurgie générale, elle, opérait la cataracte, première femme ophtalmo de France : époux chrétiens et laïcs (c’est à dire non-religieux) que le Pape Jean Paul II donnera en exemple en 1996 en s’adressant à 150.000 personnes à sainte Anne d’Auray, en Bretagne. Il y en a de tous les métiers, des saints : comme saint Saint Yves, de Tréguier en Bretagne, au 13e siècle), patron des avocats. Ou cette jeune fille bergère de Domrémy, en Lorraine, qui fit la guerre et redressa l’histoire de France, au 15e siècle : sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France. Ou au 19e, ce laïc, Frédéric Ozanam, marié, professeur à la Sorbonne, créateur des conférences Saint Vincent de Paul, pour s’occuper des pauvres et annoncer Jésus.
Comme encore, cette philosophe et féministe de haut niveau : Edith Stein, qui se fit baptiser, devint carmélite et mourut pour ses frères juifs et la foi catholique dans un camp de concentration hitlérien, tout comme le Père Maximilien Kolbe y offrit lui aussi sa vie en échange de celle d’un père de famille…

La Toussaint a été longtemps célébrée à proximité des fêtes de Pâques et de la Pentecôte : ce lien avec ces deux grandes fêtes lui donne son sens originel : goûter dès ici bas à la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie, et vivre dans l’espérance de la Résurrection éternelle.

Qu’est-ce que la sainteté ?

La sainteté n’est donc pas que pour les héros, elle attend à notre porte, elle entre dans notre vie, dans toutes les vies, là où nous sommes, en faisant « notre job ». Cette sainteté est donc pour tout homme, elle n’est certainement pas réservée à une élite, ou aux « meilleurs ». On dit d’ailleurs souvent qu’un saint n’est pas un surhomme, quelqu’un qui ne tombe jamais, mais au contraire quelqu’un qui tombe, mais se relève, s’améliore, grandit, et reconnaît avec humilité que tout lui vient de Dieu.

Le texte des Béatitudes, qui est la lecture d’Evangile pour la messe de la Toussaint, nous précise avec force ce qu’est la sainteté : accueil de la Parole de Dieu, fidélité et confiance en Lui, bonté, justice, amour, pardon et paix.

Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de coeur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »  (Matthieu 5, 1-12)

 

Ainsi, la Toussaint, c’est la fête de l’homme accompli dans toutes ses dimensions, du développement humain intégral, cet autre nom de la sainteté. Et c’est aussi pour cela que des centaines de millions de personnes à travers le monde se rende ce jour là sur la tombe d’un être cher, souvent parti trop tôt : parce qu’au fond, nous souhaitons qu’à la mort, ait commencé pour eux une autre vie, heureuse, avec Dieu.

 

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