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Comment expliquer la mort aux enfants ?

17 octobre 2022 9 Min Read

Comment expliquer la mort aux enfants ? Comment leur parler de cette question incontournable, qui souvent les angoisse ? Que faire quand la mort a frappé ?

Pour les enfants, une question incontournable

Inévitablement les enfants s’interrogeront et interrogeront sur la mort. Les évènements de la vie, un film à la télé, la mort d’un voisin, tout est occasion de faire surgir les questions. La pensée de la mort les intrigue : il faut voir un tout petit s’arrêter devant un animal mort qui « ne bouge plus ».

D’où les questions qui fusent : « C’est quoi la mort ? », « Pourquoi il est mort ? », « Est-ce qu’il va revenir en vie, comme au cinéma ? », « Pourquoi mamie est morte ? Où est-elle maintenant ? Elle ne reviendra plus jamais ? »…

La pensée de la mort les angoisse : « Moi aussi, je vais mourir ? Moi, je ne veux pas ! », « On me mettra dans laterre ? Ca, je ne veux pas… », « Papa, il mourra aussi ? »,  « Maman, dis, tu ne mourras pas ? » La pensée de la mort les culpabilise parfois : « Pourquoi mamie est morte ? Parce que j’ai été méchante ? ». « Qui a fait mourir mon frère ? c’est pas moi, hein ? »

 

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Réactions des enfants face à la mort

Face à la mort, les réactions des enfants sont variées : les uns peuvent cacher leur tristesse, s’enfermer dans un mutisme regrettable ; les autres crier leur tristesse ou déprimer.

L’âge des enfants est aussi un facteur important : autant, jusqu’à 3 ans, la mort ne leur apparait que comme un voyage, et même jusqu’à 5 ans, comme un voyage réversible (dont on revient), ce n’est que plus tard qu’ils réalisent que c’est sans retour. Du moins, ils pensent (sauf quand ils voient la mort d’un frère, d’un autre enfant) que la mort ne concerne que les personnes âgées. Vers 10 ans, ils se sentent « mortels », et l’angoisse peut apparaître : en fait, c’est l’attitude des adultes face à la mort qui les marque le plus. Le chagrin d’une mère qui a perdu son mari, un enfant, se transmet aux autres enfants.

L’enfant va connaître :

  • La peur : « Est-ce que moi aussi, je vais mourir ? »
  • La révolte : « Pourquoi papi est mort ?… C’est pas juste ».
  • La souffrance de la perte : le vide consécutif à la perte d’un être cher : s’il a perdu un frère, existe alors une douleur profonde et répétée qui jaillit chaque fois qu’il aurait besoin de sa présence. Si c’est l’un des parents, l’enfant continue cent fois par jour à vouloir se tourner vers lui, et l’angoisse est nouvelle chaque fois qu’il aurait besoin de son aide.
  • La crainte pour l’avenir : la crainte de perdre un jour des parents qu’il aime: l’enfant se sent profondément dépendant de ses parents et il craint donc d’en être séparé. Et l’idée de les voir partir très loin fut-ce dans les bras de Dieu- ne le réjouit pas. Qui va s’occuper de lui ?
  • La culpabilité : comme l’adulte qui trouve toujours quelque chose à se reprocher dans la mort de ses proches, l’enfant vit souvent une profonde culpabilité. N’est-il pas, pense-t-il, quelque peu coupable de cette mort : « Vous me ferez mourir », dit parfois une maman excédée. Mais surtout, ne lui est-il pas arrivé d’avoir eu parfois pour le défunt des sentiments hostiles ? N’a-t-il pas souhaité parfois la mort de ce frère qui l’écrasait ou l’évinçait de l’affection de maman ? N’a-t-il pas souhaité la mort de ce père qui lui prenait sa maman (complexe d’Œdipe) ? Or l’enfant petit a une mentalité « magique », c’est à dire qu’il croit que ses pensées hostiles ont le pouvoir d’être suivies d’effet. Des lors n’est-ce pas lui qui a été la cause de la mort ?
  • Le refoulement : certains enfants (petits) souffrent tellement de la disparition d’un être cher qu’ils essaient alors de l’oublier : ils refoulent jusqu’au souvenir de la personne : et cette tristesse rentrée, non extériorisée, reste en eux comme un abcès. Un abcès qui ne manquera pas d’amplifier la souffrance des deuils ultérieurs.

 

  • Et toi, que penses-tu de la réaction des enfants face à la mort ? Viens nous en dire plus !

Que dire aux enfants ?

Nous avons du mal à parler de la mort aux enfants et c’est à tort que nous pensons les préserver de la souffrance en nous taisant. Le silence laisse l’enfant seul avec ses questions: que s’est-il passé ? Est-il menacé lui aussi ? Et sa mère, va-t-elle disparaître brusquement ? A-t-il fait quelque chose de mal ? Est-il la cause de tout cela ?

  • Donc, d’abord le rassurer (« on continuera à prendre soin de toi ») et surtout le déculpabiliser en lui disant qu’il n’est pour rien, par exemple dans la mort de son père (surtout qu’en période œdipienne, il a pu souhaiter sa mort et croire que son désir a été efficace : mentalité magique). Disons très fort qu’il ne sera jamais facile de dire une parole totalement désangoissante. Quand nous avons mis au monde des enfants, nous avons su que nous leur offrions et la vie et la mort. Ils auront, comme nous, à affronter la mort. Notre parole peut les préparer, elle n’exorcise jamais « la gueuse ».
  • Ce qui importe plus que les mots, c’est l’attitude fondamentale des parents face à la mort : le parent qui vit dans la crainte perpétuelle de la mort, transfèrera sa crainte. La personne sereine, qui a « sa conception » du problème, trouvera des mots sereins. La mère qui fuit les rites entourant la mort (veillées, visites à la maison mortuaire) n’a pas intérêt à y faire participer ses enfants. La façon angoissée dont les parents parlent de la leucémie du petit voisin apportera à l’enfant angoisse et malaise. S’il n’y a pas de mot magique pour prévenir à coup sûr l’angoisse de l’enfant, c’est l’attitude sereine des parents qui sera la meilleure façon de les rassurer. « Ne pleure pas, lui dit-on parfois alors que nous pleurons amèrement ».
  • Ce qui suppose donc que les parents aient fait un jour le point sur leur conception de la mort. Il importe aussi que soit dite une parole de vérité : dire à l’enfant que la mort, c’est un sommeil, ne fera que lui faire craindre le soir de s’endormir ! Dire à l’enfant dont la maman est morte qu’elle va bientôt revenir, n’est pas l’aider. On lui racontera les circonstances de la mort, on l’emmènera au cimetière, on racontera les moments de la vie du défunt (avec des photos).

Plus pratiquement on pourra dire :

  • « Nous mourrons parce que nous vivons » : toute créature vivante est depuis sa naissance sur un chemin qui conduit à la mort. La mort fait partie de la vie ! « Regarde les fleurs du jardin, les animaux…. » : l’enfant le sait très bien.
  • Nous mourrons quand nous aurons fini de vivre » : c’est drôle à dire, mais pourtant, c’est vrai. Vous n’avez pas idée de ce que cette phrase rassure un enfant. Lui dire : « sois tranquille, tu ne mourras que quand tu auras fini de vivre ! – Mais je n’ai pas fini de vivre ! – Eh bien ! puisque tu vois que tu n’as pas fini de vivre, tu n’as pas fini de vivre ! » (Françoise Dolto)
  • « Nous ne savons pas quand nous allons mourir » : à la question : « Vas-tu mourir vieux ? Très vieux ? » répondre : « Je ne sais pas. C’est fort possible ». D’où la conclusion : « Vivons bien tous les moments de notre vie ! »
  • « En général, nous mourons le plus souvent quand nous sommes âgés ». Prendre l’enfant dans ses bras, lui dire avec un grand sourire : « Nous avons encore beaucoup d’années à vivre ensemble », « Tu vois, toi tu vis, c’est ton grand-père qui est mort », « Nos défunts continuent de vivre dans nos cœurs » Nous nous souvenons de leurs visages, de leurs qualités, de leurs actions. Nous imiterons ce qu’ils ont fait de bien.

Enfin chacun dira une parole en fonction de ses convictions religieuses : cf le sens de la mort, pour les chrétiens.

Enfin, il est bon d’expliquer aux enfants qu’on a tout prévu, si nous venions à mourir : testament, placement des enfants entre de bonnes mains, pour les rassurer. Il est bon aussi de les laisser jouer à la mort avec des revolvers, pour exorciser leurs peurs sans entrer toutefois dans le jeu. Mais n’oublions pas de leur apprendre à vivre très tôt les pertes, les séparations qui jalonnent une vie : quitter une nourrice, perdre son « doudou » ou son animal familier. Accueillir son chagrin, en parler.

  • Et toi, est-tu d’accord avec ça ? Viens nous donner ton avis sur le chat’ !

 

Que faire quand la mort a frappé ?

  1. Ne pas cacher sa peine, ni son espérance.
  2. Accueillir le chagrin de l’enfant : le faire s’exprimer (y compris le chagrin de la perte d’un animal). Bien dire « tu n’y es pour rien ». Le laisser pleurer.
  3. Rester proche de l’enfant, en l’entourant de tendresse, en parlant beaucoup de l’évènement.
  4. Evoquer le souvenir du disparu, montrer ce qu’il nous a apporté, lui dire merci !
  5. Montrer le défunt ? Surtout ne pas cacher le mort en disant qu’il est en voyage ! Mais faut-il montrer le gisant ? Oui, dès que possible, à condition de le faire naturellement, sans dire : tu n’auras pas peur ? Même et surtout s’il est tout petit, sans le forcer.
  6. Faire participer l’enfant aux rites de la mort : emmener un enfant au cimetière, pour lui parler des défunts et surtout pour qu’il ne fantasme plus « le retour de son papi ». On peut aussi lui faire enterrer « solennellement son petit chat ». cf : Jeux Interdits
  7. Ne pas tomber dans le défaut contraire : d’une idéalisation du défunt, qui trône alors dans l’éternité, comme un modèle parfait…  « Si ton père était là, il te dirait… » Voix sacrée d’outre-tombe qui vous fait la morale! Montrer aussi ses défauts.
  8. Après la mort d’un frère beaucoup d’enfants restent traumatisés : les entourer d’affection car ils ont pu croire que le défunt (très entouré) était le plus aimé (ils rêvent alors d’être malade ou de mourir). Ne pas trop vanter les mérites du disparu ou en parler constamment. Leur montrer qu’ils sont leur joie dans leur peine. Et toujours, les déculpabiliser (« Tu n’y es pour rien ! »)
  9. Recourir au besoin à une thérapie, en face d’un enfant trop marqué, trop déprimé.

Et toi, comment tu expliques la mort aux enfants ? Viens en discuter avec nous sur le chat’ !

Pour aller plus loin :

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